23.11.2011
Tant d’hypocrisie sur le salaire minimum...
Tout travail mérite salaire et tout salaire mériterait de pouvoir en vivre sans faire appel à l'assistance sociale.
A travers ce biais, l'assistance sociale pour les travailleurs pauvres, on subventionne les entreprises pour maintenir à un niveau «acceptable» la précarité, sans que ces dernières y contribuent.
On comprend tout de suite pourquoi ça titille le patronat: l'établissement d'un salaire minimum leur ferait perdre cette "subvention".
Qui d'ailleurs, semblant être à court d'arguments objectifs, menace, fait peur et nous présente l'extrême dangerosité d'un salaire décent.
Notamment en nous assénant que l'introduction d'un salaire minimum va tirer l'ensemble des salaires vers le bas.
Pourquoi me direz-vous? Probablement parce que les patrons déclarent qu'ils sont prêts à se conduire comme des cochons et à s’infiltrer dans la moindre brèche pour diminuer les salaires et augmenter ainsi leur profit. Et là ce n'est pas moi qui le dit, c'est leur propre aveu.
Ou peut-être ont-ils peur que si un salaire minimum est adopté, le salaire maximum soit la prochaine étape?
Enfin, comme les adeptes du libéralisme à tout va (bon c'est souvent les mêmes) ils grouinent trop fort, beaucoup trop fort. Nivellement par le bas, délocalisation, chômage, un véritable régime de la terreur.
Pour conclure, l'hypocrisie des «antis» salaire minimum c'est de ne pas expliquer que tout le monde s'en fout des travailleurs pauvres, que c'est comme ça et qu'il est inutile d'avoir l'espoir que ce soit un jour autrement. Qu'ils font partie des sacrifiés et qu'il faut l'accepter. C'est nécessaire pour assurer le maintien du train de vie de certains autres, fussent-il une minorité. Et puis les travailleurs pauvres n'ont qu'à trouver un deuxième emploi, ils trouveront bien une entreprise responsable qui les payeront au noir quelques heures par-ci par-là, pour les aider en somme...

16:12 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : salaire minimum, précarité, cochons, patronat





Commentaires
Je me permets de commenter votre billet pour vous signaler que La Ferme des Animaux de George Orwell est une satyre du communisme/socialisme et non du capitalisme. Cette illustration est donc plutôt incongrue par rapport au contenu de votre billet...
Je me permets également de bêtement copier-coller un commentaire que j'avais fait (en tant que "sale capitaliste") sur un autre blog il y a quelques jours :
"Et plutôt que d'instaurer un "SMIC" qui deviendra inévitablement le salaire de référence qui nivellera vers le bas, pourquoi ne pas soutenir une initiative intelligente : La 1:12 ?
Un patron qui voudra s'en mettre plein les poches sera obligé de payer son personnel correctement et celui qui voudra sous-payer son personnel devra également faire une croix sur le pactole.
C'est à mon sens, bien plus intelligent et beaucoup moins dangereux que d'instaurer un genre de SMIC qui portera préjudice à la majorité de la population au profit d'une minorité (car, soyons honnêtes, à part les ressortissants UE non qualifiés qui pratiquent le dumping salarial ainsi que les personnes qui ne travaillent pas à plein-temps, extrêmement peu de gens gagnent moins de 4000fr par mois)."
Cordialement.
Ecrit par : Nom/Prénom | 23.11.2011
@Nom/Prénom
Pour moi c'est plutôt une critique de la dérive (cf URSS) d'un idéal en dictature... notamment par la soif du pouvoir de quelques uns. Le pouvoir, l'argent, même combat (toujours pour moi bien sûr). Mais au départ, reste l'idéal...
En ce qui concerne la 1:12, je suis pour, mais l'un n'empêche pas l'autre. Je reste convaincue que l'on doit pouvoir vivre de son travail et cesser de palier à des salaires trop bas avec l'assistance sociale.
Et si réellement extrêmement peu de gens gagnent moins de Frs 4000.-, ça ne devrait pas poser de problème aux entreprises.
Il y a peu d'études précises sur le sujet, mais une mentionne 8.4 % de travailleurs qui touchent moins de Frs 3000.- net.
Et l'hypocrisie, toujours elle, reste que les entreprises qui donnent ces salaires de misère reportent les coûts sur l’État et ce sont les mêmes qui crient toujours au "moins d’État".
Hors toute considération économique, d'un point de vue humain, personne ne renierait le droit à quiconque de pouvoir vivre dignement de son travail il me semble. Le salaire minimum ne devrait gêner que les profiteurs.
Et il y en a.
Bien à vous
Ecrit par : Lala | 23.11.2011
La 1:12: "L'initiative populaire de la Jeunesse socialiste demandant de plafonner les salaires des chefs d'entreprise a formellement abouti. Sur 113'592 signatures déposées, 113'005 ont été déclarées valables, a indiqué vendredi la Chancellerie fédérale.
L'initiative "1:12 - pour des salaires équitables", exige que, dans une même entreprise, le salaire le plus haut ne dépasse pas de plus de douze fois le salaire le plus bas. Sont inclues toutes les prestations (argent et valeurs de prestations en nature ou en service) versées en rémunération de l'activité salariée.
Des exceptions pourraient être prévues notamment concernant les salaires des apprentis, des stagiaires, des personnes en emploi protégé ainsi que des employés intérimaires ou à temps partiel. Le Conseil fédéral, puis le Parlement, vont désormais se prononcer sur ce texte avant qu'il ne soit soumis à votation." Extrait de l'Hebdo du 11 mars 2011 : y-a-t-il du nouveau?
Ecrit par : NIN.À.MAH | 23.11.2011
@ Nom/Prénom
"Je me permets de commenter votre billet pour vous signaler que La Ferme des Animaux de George Orwell est une satyre du communisme/socialisme et non du capitalisme. Cette illustration est donc plutôt incongrue par rapport au contenu de votre billet..."
Vous faites erreur. C'est une satyre du communisme stalinien, point.
Orwell était en faveur du socialisme (pas de la social-démocratie entendons-nous).
Ecrit par : Adrien Faure | 23.11.2011
"C'est une satyre du communisme stalinien, point." Exact. Mais nous ne sortirons jamais, je le crains, de l'opposition entre le socialisme vrai, le bon, celui de nos rêves, et le socialisme "stalinien" (entre autres), dont nous avons bien de la peine à voir une application convaincante et humainement acceptable.
Ecrit par : Mère-Grand | 24.11.2011
@Adrien Faure
Tous les systèmes communistes/socialistes (aussi idéalistes fussent-ils) connus jusqu'à maintenant ont évolué vers le stalinisme (ou une forme analogue où le peuple vit dans la précarité la plus totale, se tue au travail et est sauvagement réprimé (voire assassiné) s'il ose critiquer la Nomenklature pendant que cette dernière vit dans le luxe le plus indécent qu'il soit sur le dos du peuple).
Il est vrai que le capitalisme ne répartit pas toujours équitablement les richesses, mais une chose est sûre, le socialisme n'a prouvé qu'une seule chose jusqu'à maintenant : il répartit équitablement la misère.
J'ai néanmoins beaucoup de mal à vous croire quand vous affirmez qu'Orwell était en faveur du socialisme tant la critique (parfois très virulente) et la satyre de ce dernier est omniprésente dans son oeuvre. Mais comme je reconnais que m'intéressant plus à l'oeuvre qu'à la vie privée de l'auteur je ne peux pas être catégorique sur ce point. =]
Ecrit par : Nom/Prénom | 24.11.2011
Il était fortement opposé au régime totalitaire et stalinien et voulait en dénoncer les dérives alors qu'il était de bon ton d'une partie de la gauche d'admirer l'URSS. Mais il est toujours resté socialiste (trotskyste).
D'ailleurs le gentil cochon qui devient martyr (Boule de neige) représenterait le personnage de Trotski tandis que Napoléon, le cochon "parvenu", serait Staline.
Ecrit par : Lala | 24.11.2011
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